Prendre ses précautions

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Nous vivons à l'ère de la prophylaxie : Les gens font de l'exercice, surveillent leur alimentation, paient des primes d'assurance maladie avec prévoyance ou se protègent contre les maladies grâce aux vaccinations. Les États s'intéressent également à la santé de la population et orientent les comportements sanitaires par des lois et des campagnes d'éducation. Le fait que différents acteurs tentent naturellement de promouvoir la santé et de prévenir les maladies par des mesures dans le présent est le résultat d'une longue histoire qui remonte au 18e siècle et qui repose sur l'évolution des concepts de santé et l'idée d'un avenir que l'on peut planifier.

L'État et la santé

Au XVIIIe siècle, les États européens ont développé un nouvel intérêt pour la santé et la maladie, la taille de la population étant considérée comme un facteur important pour le maintien du pouvoir politique et économique. Le concept de "police médicale" jette les bases des soins de santé publique. Avec l'aide des médecins, les souverains du siècle des Lumières interviennent désormais systématiquement dans le comportement sanitaire de leurs sujets : Ils créent des autorités sanitaires et réglementent les professions médicales.

Peste et charlatans

Le gouvernement bernois s'est prémuni contre les épidémies depuis le Moyen Âge et a positionné des "garde-peste". Au XVIIIe siècle, l'intérêt politique pour la santé de la population augmente. Ainsi, en 1765, Albrecht von Haller, en tant que membre du Conseil sanitaire, constate dans un rapport que les soins médicaux sont insuffisants et appelle à une amélioration de la formation. En fait, les autorités bernoises ont pris des mesures plus fermes contre les "charlatans" à la fin du 18e siècle. Toutefois, ce n'est qu'au XIXe siècle que le canton nouvellement fondé a poussé la professionnalisation des études médicales afin de garantir les soins à la population.

La première vaccination

La variole a été l'une des causes de décès les plus courantes pendant des siècles. À la fin du 18e siècle, le médecin de campagne anglais Edward Jenner présente la vaccination (du latin vacca : Vache). Cette vaccination inoffensive avec le virus de la variole du bœuf protège les gens, mais elle n'est pas fondée sur des recherches mais sur des connaissances empiriques. Elle se propage rapidement - même à Berne, le chirurgien Rudolf Abraham von Schiferli préconise la vaccination gratuite dès 1800. La vaccination antivariolique marque un tournant dans la politique de santé de l’État : Pour la première fois, la population générale peut être protégée à l'avance contre une épidémie. Dans le même temps, une résistance massive se forme contre l'intervention de l'État.

La disposition individuelle

Depuis le XVIIIe siècle et le siècle des Lumières, la santé est considérée comme le bien suprême. Pour les médecins, l'état de santé n'est plus exclusivement un don de Dieu, mais peut être activement façonné par un mode de vie modéré et la régulation des stimuli internes et externes. L'accent mis sur la responsabilité personnelle correspond à l'image de soi des classes moyennes en devenir. Pour rester en bonne santé - selon les conseils des médecins - les citoyens doivent faire attention à leur alimentation, respirer de l'air pur, boire de l'eau fraîche et maintenir un équilibre entre travail et repos. La naturopathie, qui s'est formée au XIXe siècle en opposition à la médecine scientifique, a également mis l'accent sur l'importance de l'air, de la lumière, de l'eau et du mouvement.

Diététique

Les recommandations médicales pour un mode de vie modéré sont basées sur une ancienne compréhension de la santé - la diététique. La doctrine du "sex res non naturales" est au cœur de cette démarche. Elle souligne l'importance de l'air, de la lumière, du climat, des vêtements, de l'hygiène personnelle ou de l'alimentation pour la santé. De nombreux guides, articles de magazines et conférences fournissent des recettes pour les soins quotidiens du corps et le maintien de la santé.

Air, lumière et eau

Au XIXe siècle, les médecins se sont distingués en tant qu'experts en matière de santé et ont souligné les effets bénéfiques de l'eau, de la lumière et de l'air sur la santé. Les stations thermales suisses connaissent donc elles aussi un "âge d'or". Dans le seul canton de Berne, il y avait 73 bains en 1863. Avec des bains de minéraux ou de boue, des cures de boisson ou des bains d'air léger et de soleil, la clientèle aisée surtout peut se rétablir et se soigner. Les bains thermaux de Weissenburg et le Gurnigelbad avec ses sources sulfureuses et ferrugineuses sont particulièrement connus. Au 17e siècle, le Gurnigelbad était encore une station thermale pour la population rurale, mais dans la seconde moitié du 19e siècle, il est devenu un hôtel thermal réputé, accueillant des clients du monde entier.

Hygiène publique

Depuis les années 1830, des épidémies de choléra se produisent régulièrement dans toute l'Europe. Les nombreuses victimes des pandémies montrent clairement que les soins de santé individuels doivent être complétés. Le concept « d’hygiène publique » est établi, qui transfère les recettes hygiéniques traditionnelles à l'ensemble de la population. Les gouvernements commencent à promouvoir des lieux de vie sains, une eau propre, une alimentation correcte et des loisirs adéquats. Les réformes ne sont pas encore fondées sur des connaissances en bactériologie, mais elles améliorent les conditions de vie, notamment dans les villes.

Évacuation des eaux

Au XIXe siècle, Berne a été épargnée par le choléra, mais pas par le typhus. Le conseil municipal formule des règles de conduite pour prévenir les maladies et met en place une commission sanitaire permanente pour le contrôle des maladies. Les avis publics signalent les sources de danger telles que "l'eau croupie" ou "les marches malpropres". Les représentants bernois du mouvement pour l'hygiène, Adolf Vogt et Adolf Ziegler, s'engagent notamment pour que l'eau, l'air et le sol restent propres. Vers 1870, un réseau de canalisations à haute pression pour l'approvisionnement en eau potable et un système d'égouts alluviaux remplacent les systèmes d'eau médiévaux.

"Propagande vaccinale" littéraire

Au XIXe siècle, le gouvernement bernois a pris des mesures plus fermes contre les "charlatans" et a intensifié la lutte contre la variole. À cette fin, la Commission sanitaire charge Jeremias Gotthelf de rédiger un pamphlet éducatif. Soutenu par son ami d'enfance, le professeur de médecine interne et chef de la commission, Emanuel Eduard Fueter, Gotthelf écrit le roman en deux volumes "Wie Anne Bäbi Jowäger haushaltet und wie ihm mit dem Doktern geht" (Comment Anne Bäbi Jowäger tient sa maison et comment elle se comporte avec le médecin), qui est bien plus que de la propagande plate. Gotthelf règle en effet ses comptes avec la superstition et les guérisseurs miraculeux, mais porte également un regard critique sur les limites des sciences naturelles.

La Chaire d'hygiène de Berne

La réévaluation des soins de santé se reflète également dans leur institutionnalisation. Le chimiste et pharmacien allemand Max von Pettenkofer est considéré comme le fondateur de l'hygiène en tant que discipline médicale à part entière, engagée dans la recherche et l'amélioration de l'environnement. En Suisse, l'université de Berne crée la première chaire d'hygiène en 1876. La chaire est reprise par Adolf Vogt, d'origine allemande, qui, en tant que médecin, avait déjà participé à l'amélioration des conditions de logement et d'hygiène. Il contribue à la popularisation de l'idée hygiénique par ses recherches et surtout par ses nombreuses publications.

"Lutte" contre les bacilles

À partir de 1880, l'ancienne hygiène reçoit la concurrence de la bactériologie montante. Les bactériologistes démontrent le lien entre de nombreuses maladies et les micro-organismes visibles au microscope. Un changement fondamental dans la compréhension des maladies est en train d’émerger : Ce n'est plus une multitude de facteurs qui déterminent si une personne est en bonne santé ou malade, mais un seul micro-organisme. Cela signifie que les mesures d'hygiène traditionnelles et les soins personnels perdent de leur importance et que les médecins, en tant qu'experts, assument de plus en plus la responsabilité de la santé.

Cracher en toute sécurité

Au XIXe siècle, la tuberculose était une maladie répandue et redoutée. Comme il est de plus en plus évident qu'il s'agit d'une maladie infectieuse, de grandes campagnes d'éducation sont lancées pour prévenir les infections. Les autorités et les médecins tentent avant tout de faire en sorte que les gens cessent de cracher par terre. Particulièrement pratique : un crachoir de poche mis au point en 1889. Il peut être fermé hermétiquement et le verre bleu dissimule son contenu peu appétissant, ce qui lui vaut rapidement le surnom de « Blauer Heinrich ».

Vaccinations du Bernois

La bactériologie identifie de plus en plus de micro-organismes pathogènes. Cela offre des points de départ nouveaux et révolutionnaires pour la prévention des maladies : Depuis la fin du 19e siècle, les bactériologistes et les immunologistes ont mis au point des vaccins contre diverses maladies. En 1898, l'Institut suisse des sérums et vaccins Berna, né de la fusion de deux entreprises, a été fondé à Berne. Au départ, il produisait principalement des vaccins contre la variole, mais bientôt aussi des vaccins contre la diphtérie, le choléra et, plus tard, la polio, l'hépatite ou la grippe.

Le laboratoire mobile

En 1894, le bactériologiste suisse Alexandre Yersin identifie l'agent pathogène de la peste et contribue ainsi à préciser la voie de transmission. Lorsque de petites épidémies de peste se déclarent en Europe en 1899, le Conseil fédéral suisse décide de prendre des précautions et commande le développement d'un laboratoire d'essai mobile. Ernst Tavel, directeur du tout jeune Institut de recherche sur les maladies infectieuses de l'Université de Berne, conçoit, en collaboration avec le magasin de fournitures médicales Maurice Schaerer, une boîte d'examen mobile pour la peste, qui permet d'élucider les cas suspects.

Les soins de santé au début du 20e siècle

Au cours du XIXe siècle, l'hygiène est devenue un sujet omniprésent et les soins de santé un devoir civique. La médecine et la politique, mais aussi de nombreuses institutions et associations privées, s'engagent pour le maintien de la santé des individus et, surtout, de l'ensemble du "peuple". L'État exerce son influence par des mesures structurelles et juridiques, des conférences internationales traitent de l'hygiène scolaire ou alimentaire, de l'alcoolisme ou des maladies vénériennes, d'innombrables écrits et de grandes expositions et campagnes encouragent les gens à mener une vie saine.

Expositions sur l'hygiène

Depuis la fin du 19e siècle, les grandes expositions sur l'hygiène présentent les connaissances et les idées en matière de politique démographique d'une manière facilement compréhensible. « L’éducation populaire » en matière d'hygiène vise à prévenir les maladies, à optimiser les performances professionnelles et à réduire les coûts liés à la maladie. En 1911, la Suisse est invitée à participer à l'exposition internationale d'hygiène de Dresde avec un pavillon de style chalet et présente ses réalisations en matière d'hygiène - notamment des modèles de l'Inselspital. 20 ans plus tard, le premier Salon suisse de l'hygiène et du sport (Hyspa) se tient à Berne, faisant découvrir à un large public de nombreux aspects de la santé.

L'iode contre le goitre

Depuis le Moyen Âge, les voyageurs qui traversent la région alpine décrivent des personnes de petite taille, malentendantes, difformes et handicapées mentales. Au XIXe siècle, des études médicales ont prouvé l'énorme prévalence et les premiers médecins ont lié le goitre et le crétinisme à une carence en iode, mais aussi à des facteurs climatiques et hygiéniques. Ce n'est qu'à partir de 1910, lorsque le concept de maladie de carence a été établi et que le lien entre l'iode et la glande thyroïde a été clarifié, que la voie a été ouverte à une mesure préventive particulièrement efficace : En 1930, tous les cantons appliquent la prophylaxie par le sel iodé obligatoire, ce qui réduit immédiatement les phénomènes de goitre et de crétinisme.

Sanatorium pour crétins

Le médecin Johann Jakob Guggenbühl (1816-1863) a été le premier à offrir une éducation et des soins médicaux à ceux que l'on appelle les crétins. Avec l'aide de mécènes, il ouvre en 1841 un sanatorium pouvant accueillir jusqu'à 50 enfants sur l'Abendberg, au-dessus d'Interlaken. Le climat favorable, l'enseignement, l'exercice physique et le régime alimentaire devraient permettre une amélioration, voire une guérison. Des personnalités nationales et internationales visitent l'institution phare et Guggenbühl devient une célébrité très active. Mais il néglige l'institution et feint même un succès de guérison. Une enquête menée en 1858 révèle une négligence flagrante et entraîne la fermeture d'Abendberg. Néanmoins, Guggenbühl reste une figure importante : Il est à l'origine de la création de nombreux centres pour malades mentaux sur le modèle d'Abendberg.

"Maladie répandue" tuberculose

En 1903, la "Commission centrale suisse contre la tuberculose" (aujourd’hui : "Ligue pulmonaire") commence son travail à Berne. Cette fondation marque une nouvelle étape dans la lutte contre la tuberculose. L'accent n'est plus seulement mis sur la guérison ou le soulagement, mais l'éducation et des mesures ciblées doivent protéger contre l'infection. En 1928, les autorités suisses adoptent enfin la loi sur la tuberculose, qui coordonne les différentes mesures et oblige les cantons à assurer la prévention et l'éducation.

Les fonds d'assurance maladie

Pendant longtemps, les personnes malades ont dû payer elles-mêmes les coûts de la maladie. L'augmentation du travail salarié dans le contexte de l'industrialisation rend alors nécessaire une nouvelle forme de prestation : Au XIXe siècle, des associations privées, des organisations professionnelles et des syndicats ont créé des fonds de secours qui couvraient d'abord les pertes de salaire, puis les frais de traitement. Après de longues discussions, les électeurs suisses adoptent en 1912 la loi sur l'assurance maladie et accidents, qui renonce toutefois à un système obligatoire. En conséquence, le nombre de personnes ayant une assurance maladie augmente lentement mais sûrement. Cependant, malgré plusieurs tentatives, un système obligatoire à l'échelle nationale n'est entré en vigueur qu'en 1996.

Mince & en bonne santé

Manger et boire correctement et consommer des stimulants avec modération sont considérés comme la clé d'une vie saine depuis le 18e siècle. Au XXe siècle, les discussions sur la nutrition ont pris deux nouveaux accents : D'une part, dans le cadre de la société d'abondance en Europe, l'obésité devient de plus en plus un problème médical dans la conscience de la médecine et du public. D'autre part, une mauvaise alimentation est soupçonnée d'être un facteur de risque pour diverses maladies. L'indice important ici est la médecine, mais l'expertise en matière de nutrition aujourd'hui ne relève pas exclusivement de la science : Faible teneur en glucides, combinaison d'aliments, jeûne par intervalles - les spécialistes des régimes, les influenceurs du fitness ou les coachs en nutrition proposent une variété déroutante de régimes.

Conseil en nutrition à l'Inselspital

Du pain, du müsli et la ration quotidienne de vin - depuis sa fondation, l'alimentation des patients de l'Inselspital a été un thème récurrent. À partir de 1920, des "infirmières de diététique" préparent des plans de menus individuels et fournissent des conseils au chevet des patients. Dans la seconde moitié du 20e siècle, la scientificisation de la nutrition a progressé : Ainsi, en 1966, l'endocrinologue Arthur Teuscher a fondé un centre de consultation sur le diabète et a développé des régimes alimentaires spécifiques, en 1969, l'Inselspital a créé une école interne pour les cuisiniers diététiciens et en 1972, une formation pour les diététiciens a suivi.

Alcool ennemi

La consommation excessive d'alcool, notamment de schnaps, devient de plus en plus problématique à la fin du XIXe siècle. Les autorités, mais surtout les organisations privées telles que les associations sans but lucratif, les associations socio-hygiéniques ou la "Croix Bleue" d'inspiration chrétienne, considèrent l'alcool comme un danger pour la "santé publique" ou la morale sociale. Ils prônent la modération ou l'abstinence totale. Avec l'évolution des habitudes de consommation, le mouvement d'abstinence perd de son importance, mais à ce jour, la consommation d'alcool est considérée comme un facteur de risque possible pour diverses maladies.

Comptage des calories

À la fin du XIXe siècle, les physiologistes ont quantifié les aliments pour la première fois et ont introduit la "calorie" comme unité de mesure. Dans le même temps, la médecine identifie pour la première fois l'obésité comme un problème, de sorte que les premiers guides recommandent de compter les calories pour contrôler le poids. Dans la seconde moitié du XXe siècle, l'idéal du corps mince s'est imposé. À l'ère du fitness, la nutrition joue un rôle central, parallèlement à l'exercice physique. Les campagnes gouvernementales, mais aussi les acteurs privés, fournissent des recommandations et des conseils sur la manière de maintenir ou d'atteindre le poids idéal.

Risques pour la santé

Dans la seconde moitié du XXe siècle, les concepts de prévention ont connu une expansion décisive. L'accent est désormais mis sur les risques pour la santé. Avec l'établissement du modèle des facteurs de risque depuis les années 1950, l'orientation des mesures préventives a changé : L'accent n'est plus mis exclusivement sur la lutte contre les maladies individuelles. Il convient plutôt de s'abstenir d'adopter des comportements à risque. Les campagnes sanitaires à grande échelle menées par l'État ou des organisations privées visent alors également à sensibiliser la population à la consommation d'alcool, au tabagisme, au manque d'exercice ou à l'obésité.

Maladies de la civilisation

Depuis les années 1950, les maladies chroniques et surtout les maladies cardiovasculaires sont au centre de l'attention de la science et du public. Elles ne peuvent être attribuées à un seul agent pathogène, mais à différents facteurs de risque tels que le tabagisme, l'hypertension artérielle, l'augmentation du taux de cholestérol. Ils sont considérés comme un effet secondaire typique du mode de vie moderne et stressant. Le calcul du risque sert de base à la prévention individuelle ainsi qu'à des mesures gouvernementales ciblées visant à préserver la santé.

Cancer

Vers 1900, les enquêtes statistiques, les accumulations et les tendances du cancer le rendent visible et en font un sujet très discuté. Dans le but d'informer la population sur le "problème du cancer", l'"Association suisse de lutte contre le cancer" (aujourd’hui : "Krebsliga") est créée à Berne en 1910. Alors que les médecins ont d'abord interprété le cancer comme une maladie de civilisation ou de la vieillesse, dans la seconde moitié du XXe siècle, une vision différenciée a prévalu, identifiant différents facteurs de risque. L'Association pour la lutte contre le cancer utilise les nouveaux médias dans son travail éducatif et publie des films éducatifs. Le message est clair : Une détection précoce est nécessaire pour une thérapie réussie.

Médecine préventive

L'intérêt croissant pour les mesures préventives dans la seconde moitié du XXe siècle se traduit également par la création d'un domaine médical indépendant : La médecine préventive vise à améliorer ou à maintenir la santé de la population. En 1971, l'Université de Berne crée l'Institut de médecine sociale et préventive, qui mène des recherches sur les comportements addictifs, la formation sanitaire ou l'obésité.

L'âge de la forme physique

À la fin des années 1960, un boom du fitness commence. Les campagnes, guides et recommandations en matière de santé font la promotion d'un corps idéal, mince et en forme. Chaque individu devrait investir volontairement dans sa santé. Il ne s'agit pas tant de lois et de règlements que d'indices subtils qui indiquent aux individus la bonne direction, c'est-à-dire celle qui est considérée comme saine. La prévention individuelle connaît une renaissance et les gens commencent à aller à la salle de sport, à surveiller leur alimentation et à utiliser les nouvelles technologies pour mesurer leur corps et leurs mouvements. Cette auto-optimisation convient à un monde du travail et à une société qui posent des exigences élevées.

Gymnastique en forêt

Depuis les années 1970, les Suisses courent et font de la gymnastique dans la forêt. En 1968, un premier "Vita-Parcours" est ouvert à Zurich - du nom du sponsor. Les installations sportives gratuites, qui sont également introduites dans d'autres pays, sont l'expression d'un développement plus large qui réévalue la condition physique. Dans les années 1980, les sentiers forestiers subissent la concurrence des gymnases et autres sports à la mode, mais ils ont récemment regagné en popularité lors de la pandémie de Covid.

L'aérobic suisse

La vague de fitness est également un phénomène médiatique. Les magazines, les livres de poche bon marché et surtout les programmes télévisés offrent de nombreux conseils de santé et de remise en forme. En Suisse, l'ancien gymnaste artistique Jack Günthard a encouragé les Suisses à faire des exercices de force et d'endurance dans les années 1970 dans l'émission de radio "Frühturnen mit Jack" et l'émission de télévision "Fit mit Jack", les faisant transpirer.

L'auto-mesure

Diverses évolutions technologiques aident les individus à devenir plus beaux et plus en forme. Au XIXe siècle, il existait déjà des podomètres mécaniques qui comptaient les pas. Mais ce n'est que par la réévaluation de la condition physique et des soins de santé de plus en plus individuels que les appareils électroniques gagnent en importance. Aujourd'hui, de nombreuses applications et dispositifs de suivi permettent d'enregistrer, d'évaluer - et surtout de comparer - la durée et l'intensité d'une activité sportive. L'État n'a plus besoin de nous exhorter à adopter un comportement sain - nous nous contrôlons nous-mêmes.

Le retour des « fléaux » ?

Grâce à l'amélioration de l'hygiène, aux vaccinations et aux antibiotiques, du moins dans les pays du Nord, les maladies infectieuses sont passées au second plan au cours du XXe siècle. Mais l'épidémie de sida des années 1980 au plus tard a montré clairement que les maladies infectieuses ne peuvent pas être simplement éradiquées, même au prix de grands efforts. Au vu de la résistance croissante aux antiobiotiques ou, plus récemment, de la pandémie de Covid 19, la question se pose même de savoir si le monde n'est pas confronté à une nouvelle ère d'"épidémies".

SIDA

Au début des années 1980, les médias ont parlé d'une nouvelle maladie sexuellement transmissible. Les autorités sanitaires, les politiciens, les médecins et aussi le public s'efforcent de trouver un moyen approprié de faire face à l'épidémie. Une mesure importante : En 1985, l'association "Aids-Hilfe Schweiz" est fondée. Elle mène de vastes campagnes d'information très médiatisées pour améliorer la qualité de vie des malades et prévenir de nouvelles infections.

Covid-19

En décembre 2019, les premiers cas de pneumonie apparaissent à Wuhan, en Chine. Quelques mois plus tard, une pandémie mondiale fait rage. Les décideurs politiques demandent conseil aux épidémiologistes et aux virologues et se rabattent sur les vieilles recettes d’endiguement : Interdiction d'entrée, restriction de sortie, quarantaine ou masquage obligatoire, autant de mesures utilisées depuis l'époque pré-moderne pour lutter contre les épidémies. Un retour à la normale est promis par le développement d'un nouveau vaccin en un temps record.

Vaccination et masque de scepticisme

Une grande partie de la population soutient les mesures visant à contenir la pandémie. Mais le port des masques, la vaccination et l'expertise scientifique se heurtent aussi à des résistances.

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